La criminalisation de toute forme de revendication sociale est à n’en pas douter la plus grande, et la seule vrai réussite du régime Sarkozy. L’empilement des lois sécuritaires est tel qu’il est devenu impossible en 2011 en France de protester de façon publique sans risquer une répression forcenée. Repression parfaitement légale, qui débutera par un usage délirant de la force à l’encontre des manifestants, et se terminera invariablement par des poursuites pénales kafkaïennes. C’est ça, la démocratie de marché.
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Quelques centaines d’Indignés ont tenté une opération «Occupons la Défense» vendredi soir dans le quartier d’affaires. Les tentes ont été arrachées par les forces de l’ordre mais les manifestants restent sur place.Et la “french touch”: Malaise à #OccupyDefense. Un gendarme mobile a failli plaquer au sol un de ses collègues en civil qui a sorti in extremis son brassard (@btabaka)(via : aleatoire)
La guerre est déclarée…..! Film absolument magnifique, hommage a l’hôpital public! Tout le monde devrait voir ce film qui explique comment, en France, on sauve des gens grâce a la solidarité nationale…
A bibliophile’s personal library might start out neatly contained on bookshelves—perhaps even organized alphabetically within genre—but soon enough more volumes are wedged willy-nilly above the orderly rows, stacked on the floor, jammed into nooks and crannies around the house, and perched atop the refrigerator.
If this describes your home, you’ll appreciate the seven-story tower of books built by visual pop artist Marta Minujín on a pedestrian plaza in Buenos Aires. Read more …
Wow!!
« La côte d’azur est la serre où poussent les racines, Paris est la boutique où on vend les fleurs. » Jean Cocteau.
Entre Grasse et Villeneuve Saint Georges dans le Val de Marne, que sont devenus les gens d’ici ?
Rennes, 2007. 16h, salle d’embarquement aéroport Nice-côte d’azur un dimanche, je suis déjà en Bretagne. Les gens qui sont assis-là ne me regardent plus. Il va faire froid, les femmes ont toutes ce que j’ai appris à porter, un foulard. Un manteau sous le bras, des kickers aux pieds, le visage différent, la plupart du temps sans maquillage. Blondes ou brunes, elles ont une authenticité que je n’ai pas l’habitude de voir chez les gens d’ici. L’accueil est vrai, dévoué. Ah bon, vous prendrez les papiers plus tard ? Vous me faites confiance ? Pourtant, j’apprécie de retrouver ceux que je reconnais comme mes amis de là-bas. Au bout du compte, on a fini par croire ensemble que le simple fait d’avoir le même objectif pouvait nous faire oublier d’où nous venons. Nous sommes ici pour un même but, nous avons acquis une identité commune et nous sommes d’ici.
Nice, juillet 2008. Retour de Rennes sans préparation. Je suis au milieu de Monoprix à Cimiez. J’ai oublié de mettre mes lentilles et de me maquiller. J’ai acheté il y a quelques mois des chaussures en cuir recyclées mauves à Rennes. Je les regarde et elles me regardent comme si je sortais d’une autre planète. En dos nus et en tongs, leur peau est trop bronzée. Du gloss sur les lèvres, elles sont sveltes, jolies, elles semblent bien dans leur peau. Ça parle un peu fort et ça chante aussi. Nice, c’est le centre du monde. Rien ne se passe ailleurs, tout est là. La fête du château, le festival des arènes, pendant le carnaval, le grand prix, le festival de cannes, le tournoi de « Monte-Carle », tout le reste, c’est loin et on s’en fout. On va boire un verre au cours ce soir, demain je passe au marché de la libération, dimanche une plage à Eze, on passe voir les amis à Cap d’Ail, etc. Je vais chercher les enfants à l’école dans le quartier. J’ai ressorti mes tongs, enlevé mes lunettes, mis de l’auto-bronzant et un peu de crayon noir. Là, elles me regardent toujours, je n’y arrive pas. Moi aussi, je passerai chez l’esthéticienne m’acheter ce verni que j’ai vu sur la maman de Lohan. En redescendant, j’achète le Elle, ça me donnera des idées, on prend le pain à la cigogne ? Ok. Le soleil chauffe mes épaules, il est 5h du soir (on dit ça comme ça ici). On fera un petit saut à la plage en passant par Gambetta ce soir pour se jeter à l’eau. Heureusement, ce week-end on verra nos amis, des gens d’ici, il y a ceux sur qui on peut compter, ceux en lesquels on croit et qui nous le rendent bien, ils ne sont pas si nombreux. Et il y a ceux avec lesquels il faut prendre rendez-vous (parce qu’ils ont une vie en dehors de vous) et il y a ceux dans lesquels on avait confiance mais on s’est trompé. Mais on sait quoi faire ce week-end et on aime ça. Qu’est-ce que je les aime les gens d’ici. Qu’est-ce que c’est bon d’être là. Tout y est chaud, rassurant, même le pire.
Rennes-Grasse-Paris-Nice-Monaco-Dinan- 2009-2011. Il y a des gens d’ici et de nulle-part, il y a des gens qu’on reconnait alors qu’on ne les avait jamais vus et il y a des gens qu’on ne verra plus jamais. On en garde 3 ou 4 des gens de là-bas et on se dit qu’ils auraient pu être d’ici, ceux-là et c’est pour ça qu’on les garde. Ils sont tout aussi chauds et rassurants.
Saint-Etienne, janvier 2011. Ces gens-là nous ressemblent. Terre d’immigration, quartiers populaires, le soleil allume la lumière dans les maisons, ce sont des gens du sud. Mars 2011, non, ils sont différents quand même. Ils sont profondément humbles. Ils en sont même complexés, ils vivent avec un sentiment d’infériorité lié à leur identité qui est à la fois touchant et impressionnant. Mais ils ne partent pas ou quand ils partent ils reviennent, les gens d’ici. Ils ne sont pas fiers d’être d’ici mais ils aiment être là. On s’y fait de vrais amis ici, et bizarrement, ces amis-là encore une fois, on dit qu’ils pourraient être de chez nous. Il suffit d’un regard pour qu’on se comprenne. Il y a parfois plus de complicité que si on s’était connu dix ans avant, avec les gens d’ici.
Paris, Juillet 2011. Enfin, pas exactement Paris, les gens de la banlieue sud-ouest de Paris, de Villeneuve à Yerres. Pour les gens de Paris, ces gens-là ne sont pas des gens de Paris, ils sont de l’autre côté du périphérique. Pour ces gens-là, ils sont de Paris. Alors là, ils ne nous ressemblent pas, c’est sûr. Issus de l’immigration, pour certains, bobo pour d’autres, on dirait qu’ils n’arrivent pas à être d’ici. Issus d’ailleurs que d’ici (à Paris, beaucoup de gens sont d’ailleurs), ils revendiquent leur région d’origine. Pourtant ils n’y sont pas. Comme moi, finalement… Alors peut-être qu’on se ressemble un peu. En tous cas, ces gens ont tout le temps l’air de se demander comment on fait pour vivre ailleurs… Dans le sud, il fait trop chaud et il n’y a pas de travail, Saint-Etienne, l’horreur, la Bretagne, c’est joli pour les vacances, l’est, trop froid, le nord aussi, et puis y’a rien ailleurs… Ailleurs on s’ennuie. Pourtant, les gens d’ici, font parfois la gueule dans le métro, mais ce n’est pas grave, ils sont en place, Paris, the place to be. Pas de soleil, pas grave, ici on ne fait pas attention au climat. Ici on s’en fout, on a la tour Eiffel, les musées, le gouvernement, le Luxembourg, le Palais Bourbon, etc. Ici, on a des amis, on en a plein, pour travailler, pour sortir, boire des whiskies, faire la fête jusqu’au bout de la nuit, passer inaperçu. Ah oui, ici, on passe inaperçu. Ici, elles ne me regardent pas quand elles passent dans la rue, ici, on se regarde que dans le cercle privé de sa famille et de ses amis. Paris, c’est la caricature de la société individualiste de Tocqueville. Ici, il y a l’histoire et tout le monde le sait. Ça se voit dans le regard des gens dans le jardin du Luxembourg. Ici, il s’est passé des choses et s’il doit s’en passer d’autres, ce sera là. Ouais. Parmi ces gens-là, j’ai encore réussi à retrouver des gens d’ici.
Bizarrement, c’est ici que les gens de chez moi me manquent le moins, entre Nice et Paris les gens se ressemblent beaucoup. En fait, les gens d’ici sont partout, peu importe l’endroit, les habitudes culturelles et climatiques, on finit toujours par les trouver. Ça se passe en un millième de seconde pour les reconnaître, même si bien sûr il faut le vérifier et que bien évidemment, parfois, on se trompe. Il suffit souvent d’un regard, d’une respiration placée au bon endroit, d’un silence parfois.
J’en ai connu quelques-uns des gens de chez moi, ils étaient de Grasse, de Nice, de Monaco…
Mais ils étaient aussi de Paris, de Normandie, de Marrakech, de Saint-Etienne, de Lyon, d’Aurillac, de Rennes, de Dakar, de Nantes, d’Italie, de Varsovie, d’Alger, de Saint-Raphaël, d’Aix en Provence, de Lille, de Limoge, de Toulon, d’Annecy, de Montréal, de Loudéac, de Strasbourg, de la frontière allemande, de Bruxelles, de Toulouse (si si !), de Beyrouth, de Barcelonnette, de Besançon, de Bastia, de Manille, de Marseille. Alors, ici ou là, sédentaires ou nomades, et ce n’est pas une façon de nier que mon métier tente de me faire oublier d’où je suis, j’attends avec impatience d’en retrouver d’autres, des gens de chez moi, des amis au sens de Sénèque.
« Si tu tiens pour ami l’homme en qui tu n’as pas autant de foi qu’en toi-même, ton erreur est grave et tu ne connais que bien peu l’éminent caractère de la véritable amitié. Délibère sur tout avec l’homme de ton choix, mais avant cela, n’omets pas de délibérer sur lui avec toi-même. » Lettres à Lucilius, Sénèque.
Je ne suis pas toujours d’accord avec Sénèque…
Prétendre défendre la République en agitant le démon des origines est une hypocrisie dangereuse. De tels excès n’étonnent guère quand ils proviennent des habituels matamores de l’identité nationale. Dans la bouche d’un Premier ministre, ils témoignent de la dégradation des termes du débat public et de la gangrène identitaire qui attaque le corps républicain. Je ne permets pas que l’on mette en doute mon patriotisme. Je ne suis pas moins française que ceux qui me refusent le droit de m’exprimer.
[…]
On a insinué que je faisais peu de cas des morts en Afghanistan. La vérité est tout autre : je défends depuis longtemps l’idée du retrait de nos troupes. Je n’accepterai donc pas l’idée selon laquelle leur sort et, au-delà, celui de toutes nos troupes engagées dans des opérations militaires m’indiffèrent. J’ajoute que l’instrumentalisation des victimes pour me réduire au silence a quelque chose d’indécent. Je veux redire ici mon plus profond respect pour ceux qui risquent leur vie pour la France. Je ne suis pas antimilitariste. En me prononçant pour un défilé citoyen, j’ai voulu signifier que la célébration du 14 Juillet devait engager davantage l’ensemble de la communauté nationale.
[…]
Je veux que la République retrouve l’esprit de ses origines, car je suis préoccupée par le recul de l’idée républicaine dans notre pays.




